Je viens de mettre fin à mon rêve…

AmdSud_Quito-BuenosAeres

A partir de maintenant rien n’aura plus le même goût….

Comme lorsque l’on sait que l’on va quitter une ville et reprendre la route du voyage, que l’on pense a prendre des photos de tout ce à quoi on s’était habitué, que l’on dit au revoir à tout le monde et profite avec intensité des derniers moments avec les amis ou dans ces lieux connus, je vais commencer à le ressentir avec Sur America !

Il est fou de penser que je mets moi même fin à mon rêve, comme ça, d’un seul clic qui dit « Comprar ».retour-comprar

Mais comment est-ce qu’on se décide à rentrer, comme ça, après 15 mois de voyage ?

Comme je m’en doutais, on le sent. Pas que je sente qu’il faut que je rentre pour trouver du travail, ni pour toucher mon chômage, ni je ne sais quoi d’autre… c’est un ressenti inexplicable.

Alors oui, j’ai été influencé par le fait que j’ai deux couples d’amis qui se marient en Septembre, par le fait que je n’ai pas vu ma famille depuis un bout de temps, que je n’ai pas vu mes amis depuis un bout de temps…mais je pense que c’est un tout plus ou moins inconscient.

Ce qui nous influence + Ce qu’on est  = sentiments (produit de l’insconscient?!)

Aie Aie Aie…. Quelle journée ! Il y a des décisions comme ça qui changent votre état d’esprit !
Je suis assis sur un matelas posé au sol dans le salon de la maison-coloc d’un ami à Quito.DavidTribal-DSC00773-1000

J’ai peur de redevenir qui j’étais… je sent déjà l’effet du billet qui me dit: « Tu va rentrer en France! ». Ça parrait con comme affirmation, mais après 14 mois à me dire que mon temps est totalement libre, il me va faloir maintenant accepter qu’il ne l’est plus.
MON TEMPS N’EST PLUS LIBRE

Il est contraint par un ultimatum, celui d’arriver à Buenos Aeres, Argentine, le 11 Septembre au plus tard.

Quito-Equateur -> Buenos Aeres-Argentine = 46 jours. Ça va le faire.

AmdSud_Quito-BuenosAeres

La pression du temps se fait déjà sentir…Je vais recommencer à vivre comme un yankee ou un européen qui vient avec sa thune et paye ce qu’il faut pour passer un bon voyage. Je ne vais plus pouvoir m’arrêter indéfiniment et devenir illégal ;) Je vais arrêter les expériences de voyage pour recommencer à voyager !

Pourtant l’Amérique du Sud, je suis parsuadé qu’elle se vit comme je l’ai vécu: en prenant le temps.
Autant en Europe tout va vite et ça peut se faire de tout visiter vite, pour voir, tout le monde le vit comme ça, n’a qu’un week end pour s’aérer l’esprit qui sera contraint ensuite pendant 5 jours.
Autant en Amérique du Sud, beaucoup sont indépendants et prennent leur temps. On travaille quand il faut et on sait aussi ne pas travailler quand il faut. On passe un temps hallucinant à créer quelque chose qu’on ne pourra jamais vendre au prix d’une journée de travail. « Tiempo es arte », a-t-on entendu une bonne paire de fois, quand chez nous tu apprends dès petit que « Le temps c’est de l’argent », ne le comprenant vraiment qu’àprès la majorité révolue.
Chacun se perd dans ce rythme de vie. On ne sait plus qui on est ni ou on va, ni ne prend le temps d’intérroger nos sentiments, bien enfouis sous notre bonne couche d’égo, plus ou moins nécessaire à notre survie dans ce système.

Enfin, comme je m’y habitue, une fois que je me sent confortable dans une situation, j’en change pour me tester de nouveau dans une situation plus difficile, plus aventureuse ;)
Je sent déjà la complexité de celle-là !!!

Le contrat implicite du retour…

Je ne ferai plus partie de mes amis voyageurs. Je n’aurai plus la même profondeur de pensées, la même liberté d’esprit. Petit à petit le système de mon pays va me rattrapper.
Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais pour moi, une fois que l’on passe la frontière, on accepte un contrat implicite. Il y a bien évidemment l’explicite, celui de la loi, mais l’implicite est plus pernitieux. Il vous fait rentrer dans le rang ! Il vous fait accepter certaines choses à votre insu. Il rentre dans votre inconscient et vous fait sentir bras et jambes coupées face à vos envie d’entrepreneuriat, de création, de liens sociaux. Il vous fait revenir dans un état d’esprit Français: « C’est la crise, il faut que je trouve du boulo, je vais m’acheter un Mcdo, je paye 20euros au resto (même si c’est pas bon), je fais la gueule dans l’métro, il fait pas beau (c’est le réchauffement climatique), … ».

Comment affronter un environnement s’opposant à une énergie positive ?
Comment avoir des idées créatives quand votre monde essaie de vous taper dessus dès qu’il le peut ? (frais bancaires dignes de Houdini, depassement de forfait surtaxés, assurances, impôts incompréhensible, vêtements moches venant de Chine à prix exorbitants, jugement des gens sur leur apparence et leurs diplomes, monopoles des transports, ….j’en aurai plus une fois rentré ;)

Je vais devoir rentrer dans le rang. Arrêter d’avoir les idées libres, arrêter d’aller ou je veux quand je veux. Arrêter de prendre MON temps. Arrêter d’être photographe, manager de bar, créateur de site web, artisan,…sans conséquences.

  • Si je veux être photographe, je vais devoir me créer un statut et penser à m’améliorer, investir, …
  • Si je veux Manager un bar il va falloir que je commence par être serveur, puis que je monte petit á petit, ou bien que je monte mon propre bar, avec tous les investissements que cela implique, et surtout accepter de dire Amen à la mafia.
  • Si je veux être artisan, je devrais de nouveau déposer un statut. Et ou est-ce que je vais vendre? Il est interdit chez nous de vendre par terre dans la rue, ou dans les coins touristiques.

Notre organisation va me forcer, si je veux réussir à tirer mon épingle du jeu, à appliquer ce que j’ai appris durant mes études:
A travailler pour une grande entreprise ou bien monter une boite. Dans tous les cas je ferai tourner notre belle économie, payerai mes impôts, aurait des salariés incapables de créer eux-même leur boulo…

Mais Où va-t-on ?

Ou est l’indépendance ? Ou est la liberté ? Ou est le rêve humain, le temps de penser à soi, le temps d’expérimenter sans conséquences, le temps de vivre la vie telle qu’elle est, l’expérimentant dans toute sa puissance, plutôt que d’essayer de l’organiser, par peur du futur, par peur de l’inconnu, …pour jouer le jeu de ceux qui nous gouvernent, plein de peurs, bourrés d’ego!

Nous ne sommes pas libres dès lors que nous sommes gouvernés ! Je ne dirai pas Anarchie, non, il est important d’être gouverné, mais pas comme cela est fait actuellement. Etre gouverné c’est être organisé en société, s’accorder sur des lois d’organisation sociale.
Si on reprend l’idée que chacun à en lui tout un monde, accepter d’être gouverné c’est accepter certaines lois qui nous forcent à faire des concessions (sur nos envies intérieures) pour vivre en société. Dès lors que l’on accepte de vivre en société on doit accepter de se conformer au respect des autres et de certaines règles, d’où la création d’un standard, d’une normailté. Ceci dit les lois ne pourront jamais couvrir l’univers des possibles, même en essayant longtemps, (sauf si on arrive à les faire rondes; ex: Nul n’est sensé ignorer la loi; ça c’est rond, ça s’auto-démontre) alors on peut rigoler de la normalité qui laisse quand meme place à une pichnette de liberté ;)

J’ai peur de redevenir qui j’étais...écrasé par le temps, écrasé par l’argent, écrasé par la nécessité de se trouver une place dans la société. Ecrasé par cette course à la mort durant laquelle le but est de ne pas se faire bouffer avant. La passer le moins mal possible plutot que le mieux possible pour tout le monde…

Et alors, pourquoi rentrer ?

Si je rentre, c’est pour revoir mes amis, ma famille. Parce que vivre loin c’est possible mais on est loin du train aussi. Loin des moments de vie en commun, loin des souvenirs qu’on se crer en semble.

Mais si je rentre c’est aussi beaucoup car je n’accepte pas de baisser les bras. Aprés avoir pris du recul sur notre pays et l’état d’esprit de mes compatriotes, je n’ai pas envie d’accepter d’aller vivre ailleurs parce que mon pays est pourri, le laissant à l’abadon.

D’ailleurs ce n’est peut être pas tellement que je sois nationaliste et veuille aider la France, mais juste faire en sorte que mon pays, comme il est, ne vienne pas infester le pays des autres. L’Amérique du Sud rêve encore, Elle, tandis que nous nous avons déjà perdu cette idée, de rêver notre vie, de vivre nos rêves. Chez nous tout est contraint. Ici les contraintes sont en train de se mettre en place.

Un cri de gueule:

Laissez-nous créer notre Monde ! (et gardez vos peurs pour vous)

J’aurai bien envie que ce soit comme ça. Les générations qui nous précèdent ne se rende pas compte qu’elle décident du monde pour nous et ne nous laissent pas le choix de faire notre monde à notre idée. C’est pourtant bien nous qui allons maintenant y passer le plus de temps. Le monde est amené à courir marqué durement par son passé plutôt qu’optimiste face au futur. Je n’en dirai pas plus, ça parle de soir même.

Premier monde et Tiers monde…
au fait c’est quoi le monde du milieu ? On en a fait un ?
Au fur et à mesure de la découverte de valeurs « spirituelles » (n’ayez pas peur du mot, c’est juste en rapport avec l’esprit, le ressenti, rien de plus ;) j’ai compris et accepté qu’il ne doit pas y avoir de supérieur ou d’inférieur. Le 1er monde n’est pas supérieur au 3eme monde (et oui, en espagnol ça se dit « tercero mundo » = 3ème monde, et non pas « terçco mundo » = Tiers monde). Le monde développé n’est pas meilleur que le monde sous-développé. Ça fait même mal de dire « sous-développé ». Parce que ce qu’on entends par « sous-développé » ou « en voie de développement », c’est surtout en voie de se développer comme nous. Pourtant ces pays ne devraient pas suivre notre exemple quand on voit ce que ça donne !

Mais le néocolonnialisme est en route et pour l’instant il n’y a rien pour l’arrêter. Les étrangers viennent acheter des terrains à bas prix, les entreprises viennent vendre leurs produits chinois moins chers et les chaines de distribution ne devrait pas tarder à faire disparraitre tous les petits commerces.

Notre problème c’est que quand on a quelque chose on ne s’en rend pas compte, et quand on n’a pas quelque chose, on ne s’en rend pas compte non plus…
Je m’explique: Quand on est en bonne santé, on ne se sit pas souvent « Ha, chouette, je suis en bonne santé ». A l’opposé, quand on n’a pas a liberté de temps, l’indépendance, et le choix de ce que l’on fait chaque jour, on ne se dit pas non plus « Ha zut, je prends conscience que le fait de travailler ainsi et d’avoir des soucis à cause de mon taf ne me laisse pas le temps de penser á moi ».

Bon enfin, après avoir écris tout ça, j’aurai bien aimé que ce ne soit qu’une mauvaise blague, mais non :
Ma confirmation de demande de réservation est bien arrivée sur mon mail. Ibera, Nicolas, Marsella…ça parrait vrai. Comme pour m’achever dans mon état d’esprit..

Je pars donc de Buenos Aeres le 12 Septembre 2013 à 13h25 et arrive en France le 13 à 18h30 aprés une petite visite de Madrid ;) retour

Après attente (j’avais consulté les vols voila 3 semaines) j’ai pris ma décision face aux prix évoluant vite et ma détermination. J’ai décidé de rentrer, en m’écoutant, me ressentant. Si je ne rentrais pas maintenant, que je ne prennais pas la décision, je ne sais pas quand je serai rentrer ?
On notera tout de même qu ce billet n’est pas exactement comme je l’aurai souhaité…j’aurai voulu partir plus tot, arriver à Madrid, y passer quelques jours, et ensuite revenir jusqu’à Marseille par mes propres moyens, histoire de continuer un peu de voyager. Faute des prix. Le vol du 12 Septembre etait beaucoup moins cher que les autres, j’ai eu peur de ne pas trouver un vol en Septembre pour pas trop cher => L’argent reste donc un critaire important…
J’arrive tout pile pour les mariages, les anniversaires, et la fin de l’Eté. Dernier point important car revenir plus tard s’aurait été revenir de l’été argentain dans l’hiver français tandis que lá ce sera de l’hiver argentain à la fin d’été, début d’automne. Pour le moral c’est important !

Mon voyage, dès maintenant je vais devoir en parler au passé…c’est triste. Devoir vous expliquer tout ce que je voulais pour lui, au passé, comme s’il était déjà mort…

C’est comme ça. Maintenant la vie est toujours là et ce sera à moi d’en faire ce qu’il me plait. Et pourvu que ça Rock n’Roll !
DavidTribal-DSC00768-1000

Niko (qui n’aurai jamais cru en arriver là!)

Nota:
Ceci dit, vu qu’on a toujours le choix, ce ne sont pas 574 euros qui m’empêcheront de changer de décision eu dernier moment ;D Héhé, on reste soi quoi qu’il en soit hein !

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3 thoughts on “Je viens de mettre fin à mon rêve…

  1. pascale kaplan

    Mon Nico,
    Bien sûr, c vrai que je crois que le challenge ici est de redevenir vivant en étant plus près de ses intuitions, ses ressentis , ses émotions, ce langage oublié et surtout dévalorisé par cette société de consommation qui ne veut pas qu’on vive en conscience, en réfléchissant sur nous mêmes, en nous connaissant avec nos outils….mais je me dis de plus en plus que sûrement beaucoup de gens voudraient bien mais c difficile de savoir comment çà marche ça car cette logique là ils ne connaissent pas, c tellement loin de la rationnalité…quand je dis par ex à quelqu’un « fait attention à toi » s’il est malade, la traduction c « porte toi de l’attention » car tu ne vas pas bien et quelquechose te rends malade que tu ne peux pas laisser passer…et çà veut dire quelquefois déplaire aux autres pour dire franchement ce qui ne nous convient pas….et parfois c trop compliqué d’arrêter la machine autour de soi…de croire en soi…mais pourtant c parfois une question de vie ou de mort….comme quand tu parlais de la course à la mort ! mais vivre le moins mal possible n’est pas un bon projet pour rester vivant longtemps…les énergies ne vont pas durer, la machine va s’arrêter…pourtant c bête car on a les pièces de rechange et même l’essence en nous….!
    Enfin, je sens que tu n’as l’intention de te laisser faire, te priver de choses auxquelles tu tiens pour des idées qui ne te conviennent pas…et que c’est comme si tu  » rentrais en résistance »….mais sans en accepter la peur…ben oui c vrai qu’on n’a plus de guerre mais la guerre est là quand même sous une autre forme…vivre bien dans ce monde de peurs comme tu dis, c voir un autre possible et se déprogrammer dans sa tête, résister à la programmation autour de soi…il y en a, çà commence, des comme toi, comme nous…peut être qu’il faut leur parler comme tu disais sur ton post facebook, leur dire qu’on vit autrement ailleurs, tellement ils sont figés sur place par la peur, par l’endoctrinement politique…je voyais un doc sur la Martinique et la Guadeloupe ajh et constatait que la vie là bas se rapprochait plus de l’humanité en amérique du sud…ben oui la population est noire et métis comme là bas, forcément….
    Enfin, le voyage, pour moi, n’est jamais terminé, c le voyage de la vie, et ce voyage là s’improvise chaque jour quand on s’accorde la liberté de le faire en accord avec ses valeurs, ses émotions …et comme tu dis, tu peux choisir de repartir demain, la vie est là et c à toi d’en faire ce qu’il te plait…alors cette liberté, cette confiance qui te manquait, ces expériences que tu avais été empêché de faire plus jeune, est ce que tu les as un peu satisfaites à présent ? en tout cas il te fallait peut être être loin pour sentir le vent de la liberté sur ton visage et savoir qu’on ne pourrait jamais plus te la reprendre….

    Je t’embrasse bien bien fort…
    mum

  2. pascale kaplan

    A propos de 3ème monde qui ne devrait pas suivre notre exemple, j’ai lu que la Bolivie refusait la présence des Mac Do sur son sol dorénavant…tu vois il y a de l’espoir…peut être qu’ils ne feront pas comme nous finalement….!

    1. Kangourou

      Oui mais ils ont Burger King et KFC donc l’un dans l’autre…
      Oh désespoir de te voir repartir, content pour toi quand même, ce sera une grosse claque mais te connaissant tu devrais pas être déprimé plus d’une heure.
      Suerte loquito

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