Braver les interdits sur un festival de cirque: 0 – 1 (petit coup de gueule subjectif)

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« T’as l’avantage de savoir vivre dans n’importe quelle situation, personne ne sait faire ça ici. Je serais toi je me barrerais; j’partirais faire le tour du Monde encore une fois. Bon après c’est pas sur que tu trouves un job en revenant mais bon… »

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°°Oh, tu sais le job ce ne serait pas un problème. Le plus difficile c’est d’accepter de prendre un job…de se ré-intégrer socialement. Ce que je viens de mettre un an à faire, plus ou moins…c’est d’accepter le putain de format…°°

Et oui, encore frappé par la foudre sociétale. Ma manière de me comporter me fait sentir que je suis un danger pour les autres. Du coup remise en question. Est-ce moi, ou bien est-ce le cadre ?

Ai-je vraiment manqué de respect ? Bouffé la liberté de l’autre ?
Je me rends compte encore une fois qu’il est important pour moi de ne pas déplaire à quelqu’un. Je n’aime vraiment pas représenter un risque pour qui que ce soit.

Alors quand on m’a dit « Je n’ai aucune confiance en vous », j’ai répondu « Vous êtes l’un des seuls ».
Ce monsieur qui lorsque je lui ai dit
« Je suis désolé, je comprend que ça a du vous faire peur à cause de votre responsabilité… »
m’a coupé d’un
« – Ne me parle pas de peur, tu ne sais pas ce que c’est que la peur
– Heu, vous ne me connaissez pas et je vous pris de ne pas préjuger de ce que je connais ou ne connais pas… ».

Au final, après coup je me dis: Effectivement, je préfère ne pas connaitre la peur. Pas que je ne l’ai pas affronté, plutôt que je préfère la remplacer par l’optimisme et la conscience. Ha d’ailleurs,
« Vous êtes inconscient ! » n’est pas non plus passé car je suis bien conscient moi Monsieur.

Bon enfin, je me suis fait virer du Festival de Cirque CIAM par son fondateur Philippe Delcroix parce que je suis monté en haut d’une échelle pour prendre une photo de l’artiste, avec lequel j’avais bien évidement discuté de la chose la veille. Oups, oublié de demander son avis à l’organisation !.. Peut-être inconsciemment d’ailleurs puisqu’ils m’ont même avoué qu’ils ne m’auraient jamais autorisé ;)…

La voilà la photo Mesdames et Mesdames:

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L’homme cirque – David Dimitri

Du coup, le fait de me faire virer me fait me poser cette question:
« Ma manière d’être est-elle un danger pour les autres ?

Et oui parce que j’ai besoin de cette liberté, de pouvoir dépasser un peu les limites en me responsabilisant moi même. Je ne saurais respecter toutes les limites qui se prêtent ici (en France). D’ailleurs, lorsque vous dépassez la limitation de vitesse, vous garez en double file, ou téléphonez au volant, vous en faites de même.
La différence ici, c’est que du fait de monter à cette p«{{‘«¶ain d’échelle, je mettais en jeu la responsabilité d’un autre.
Là se pose la question de la responsabilisation de l’un pour l’autre.

Ce Monsieur ayant organisé un festival et installé une échelle (d’ailleurs c’est celle de l’artiste) est responsable de ce qu’il se passe dans l’enceinte du festival. Moi, pauvre fou, si je me fait mal, petit bénévole sans aucun contrat que je suis, je suis sous sa responsabilité. Ce Monsieur m’a-t-il briefé ? Non. Sait-il qui je suis ? Non. Il me vouvoie et ne connais mon Prénom.

Alors je me suis présenté, ai tenté de le rassurer sur ma personne, raisonnable et respectueuse (de mon point de vue, je m’y efforce) et ce dernier m’a pris de Haut. Tant pis pour lui, mais moi je me sent mal.
« T’as fait une grosse connerie en même temps » me rétorque une fille de l’organisation que j’appelle pour la mettre au courant des faits et de mon départ.

Tout dépend du point de vue.
De mon point de vue, j’ai maitrisé les risques, me suis responsabilisé, n’ai mis en danger personne et ai accepté de braver un (« interdit ») pour prendre une photo différente et pour l’artiste.
De son point de vue, j’ai mis en danger le public, gâché sa vision du spectacle du fait de ma présence au point d’arrivé (quoique discuté avec l’artiste et j’étais à l’écart) et mis en jeu sa responsabilité.

Je me demande pour finir, si je suis égoïste pour avoir empiété sur la liberté de l’organisateur et du public, ou si j’ai poussé un peu les limites mais que ce n’est pas bien grave vu que l’artiste était ok et que j’ai essayé de ne pas trop me faire remarquer.
Si vous pensez que je suis inconscient et ai empiété sur la liberté de l’organisateur, alors j’en suis désolé. Peut-être devrais-je alors remettre en question ma capacité à m’inclure dans cette société ou réfléchir à une solution pour moi aussi me sentir libre.
Si vous pensez qu’on peut pousser les interdits une fois de temps en temps, alors je peux rester.

Alors, maillon faible ???

Soit dit en passant, sur un même festival en Amérique du Sud, à mon avis on ne m’aurait rien dit …

Remarque:
Comme tout bon entrepreneur, essayant toujours de prendre la défaite comme une nouvelle occasion de remettre les choses en question, 1) je vais essayer que ça ne se reproduise pas, 2) Pourquoi pas me spécialiser dans la photographie à « risques », prenant une assurance spéciale pour ce genre de cas, signant une décharge à mon arrivée, et me faire connaître pour ça: « Photographe de Haut vol ». Du coup ce sera ma spécialité et je pourrais me faire payer pour ça ;)

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7 thoughts on “Braver les interdits sur un festival de cirque: 0 – 1 (petit coup de gueule subjectif)

  1. Pascale kaplan

    Les autres, par leurs réactions, peuvent te parler de quelque chose que tu peux ne pas être capable de ressentir toi même car ton expérience de vie, ton éducation, ton apprentissage, a été faussé à un moment par ton environnement…ainsi tu peux te mettre en danger sans t’en rendre compte, en relativisant et en t’étonnant de ce qui se dit, car cette limite censée te protéger n’a pas été intégrée dans ton psychisme, …mais le danger est bien réel lui et donc la situation peut se retourner contre toi et t’atteindre dans ta chair…donc te questionner, oui c indispensable, pour savoir te protéger à l’avenir et voir dans quoi tu t’engages.

    1. David Tribal

      C’est pas mal vrai, mais la vision du danger se présentant alors comme relative, la mienne a le droit d’être optimiste et responsable. Le plus grand des dangers c’est déjà d’accepter de vivre. A chacun de pondérer ses risques acceptables.

  2. Pascale kaplan

    Tout est affaire d’équilibre, et chacun a le sien, particulier, en fonction de son histoire.

  3. GaëlleCalisson

    Ce n’est qu’une question de point de vue, de perspective.
    Le calme intérieur reviendra et il restera une belle image.

    1. David Tribal

      Mais du coup, si ce n’est que ça, est-ce que ça vaut le coup pour une belle image, de dépasser certaines limites ?
      Haha… C’est la question que je vous pose Mlle Calisson…

      1. GaëlleCalisson

        Ben, du coup, je pense que vous seul avez la réponse quand vous regardez votre photo et cette expérience.
        Mais bon, il aurait pu y avoir des conséquences ennuyeuses, peut-être, mais il n’y en a pas eu… Alors…

        1. David Tribal

          « Il y aurait pu, mais ya pas eu… »
          C’est la prise de risque nécessaire à l’innovation.
          Justifiée ? Trop loin ? Allez savoir…
          …il n’y a pas eu. Pour moi c’est le principal.

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