CABU – Son histoire

Cabu-Juis-Marseille

Jean Cabut (dit Cabu) était fils de Marcel Cabut (Gadzarts) et papa d’Emmanuel Cabut (dit Mano Solo).

Cabu-Juis-Marseille
Graff de JUIS, Rue Curiol, Marseille
France Bleu.fr:
Hommage à Cabu sur une fresque murale à Marseille
Vendredi 09 janvier 2015
Ne me demandez pas pourquoi je m’intéresse tant à Cabu…

Peut-être est-ce parce que c’est lui qui se rappelle à moi plus facilement que ses camarades.Comme mentionné à la suite des faits, c’est le nom de Cabu qui m’a le plus choqué intérieurement. Allez le justifier comme bon vous semble, pour ma part, c’est me dire qu’ils l’on fait disparaitre qui est venu toucher le plus vite mes petites émotions d’être humain le 7 Janvier.

Capture d’écran 2015-01-19 à 16.26.23Le lendemain même de sa disparition parvenait dans ma boîte mail un message de la SOCE (Société des anciens élèves des Arts et Métiers).
Ce dernier titre « Je suis Charlie » et développe

« Nous présentons nos sincères condoléances à la famille de notre professeur et ancien camarade,[…] ».

Un Papa Gadzarts.
Quelques jours plus tard, ma soeur chérie m’apprend que Mano Solo était son fils.

Cabu-ManoSoloVoilà 3 générations d’artistes alors. Et là ça commence à être intéressant de voir ce qu’il se dessine dans cette généalogie. Car nos parents sont notre première et donc majeure influence ici bas. Quant à la création artistique, une manière d’exprimer son inconscient, sa folie, ses rêves.

« J’évacue mon agressivité 
par la caricature »

, expliquait Cabu en avouant qu’il « règle ses comptes » 1.

Il en ressort par exemple qu’il dessinait pour s’exprimer sur le tout monde. Il était depuis tôt cancre et rêveur.
Grandissant, « ni communiste, ni gauchiste, 
ni maoïste, le dessinateur se classait alors volontiers du côté des libertaires vaguement écolos, surtout anars, anti-système, anti-fric. Bref, il souhaitait n’épargner personne. Et surtout aucune autocensure. » 4.

« La caricature est une manière de faire sourire, c’est une exagération, une déformation. C’est avant tout un moyen d’expression afin de faire « plus vrai que vrai ». » 5.

Le crayon en main durant 67 ans, il projette ses rêves sur du papier pour dire comment il voit les choses !
Ca me rappelle un photographe/blogueur ;) …

Petit portrait rapide de CABUt Jean

CABUNé le 13 janvier 1938, il est issu d’un milieu petit bourgeois de Châlons-sur-Marne. Aîné d’une sœur, prof de gym et d’un frère, kinésithérapeute. Son père, professeur de Forge aux Arts et métiers de Châlons-sur-Marne n’est devenu un peintre du dimanche… et de la semaine qu’à sa retraite.

« Mon père est plutôt centriste, ma mère était gaulliste même si j’ai réussi à la faire voter PSU, moi je n’étais pas politisé ». 1.

Peinture_MarcelCabutCabu a grandi à Châlons où il a fait les 400 coups. Il commence à dessiner dès 10 ans. Rapidement il concourt et reçoit un prix.
Il joue au cancre face aux dessins techniques, tombe amoureux de la fille du proviseur et grave sur les tables du lycée Pierre Bayen.  Il crée le journal « Le Petit Fum’s », ou « Le petit fumiste » en Argadz (Argo des Gadzarts) où il signe J.K-Bu.

« A 14 ans, j’ai créé un journal de classe, avec l’aide de quelques camarades « Le petit fum’s ». Le but de ce journal satirique : se moquer de l’enseignement du dessin industriel. Ce journal a été censuré par le proviseur ; ce fut ma première censure… »5.

A redoubler sa seconde, il entre en pensionnat à Epernay.

Il est également publié dans le quotidien régional l‘Union de Reims.

Il part pour Paris faire des études artistiques à l’Ecole Estienne et en alternance dans un studio de dessin. Il réalise dans le même temps des nus à l’Académie Jullian tout en se soumettant à l’influence musicale de Charles Trenet.
Ensuite au service militaire en 1958 , il se débrouille pour ne pas se retrouver en première ligne ni tirer un seul coup, et vers la fin de son service dessine dans le journal de l’armée, « Le Bled », puisqu’alors en Algérie, . A cette époque il passe également  quelques dessins à Paris Match.

« Je garde de cette période un antimilitarisme militant et une vision un peu anarchiste de la société. »

Cabu ParisMatch« Démobilisé en 1960, il entre à Hara-Kiri (lancé par François Cavanna) avant d’intégrer deux ans plus tard la rédaction de Pilote (repéré par Goscinny), où il donnera naissance au Grand Duduche, en souvenir de ses années de lycée à Châlons.

Goscinny se rappelle:

« Souvent en retard, cet homme marié, ayant charge de famille, m’a fait une fois téléphoner par sa maman pour me dire : “Jean ne pourra pas livrer son travail à temps, parce qu’il est un peu souffrant”. » 3.
Rarement l’identification entre un personnage de bande dessinée et son auteur n’aura à ce point sauté aux yeux.

« Une chevelure hirsute, d’étranges petites lunettes à monture d’acier, un accoutrement qui doit plus à la fantaisie qu’aux exigences de la mode, des yeux candides, un sourire de cancre malicieux, c’est le Grand Duduche… et c’est aussi Cabu », écrira ainsi quelques années plus tard René Goscinny, qui l’avait embauché à Pilote, dans la préface d’un livre où il racontait par ailleurs cette anecdote savoureuse qu’il est difficile de ne pas croire : « Souvent en retard, cet homme marié, ayant charge de famille, m’a fait une fois téléphoner par sa maman pour me dire : “Jean ne pourra pas livrer son travail à temps, parce qu’il est un peu souffrant”. »

« Cabu dessine sans arrêt comme on respire »
Michel Polac (Droit de réponse), 2008
3.
Cabu dormirait le crayon à la main. Il s’exprimait par le dessin à tout bout de champs, dans les cafés parisiens, mais aussi en province où il ira parfois loger chez des lecteurs de Charlie pour déloger les prochains profils qu’il caricature sur le vif.
Il devient ainsi dessinateur-reporter.
« Face à quelqu’un qu’il voulait croquer de la pointe de feutre sans le lui dire, 
le bougre de Cabu, tirant plus vite que son ombre, était capable de dessiner les contours d’un visage en maintenant son petit carnet bien camouflé dans la poche de son duffle-coat, et, tandis qu’il continuait de parler comme si de rien n’était, ses doigts de caricaturiste hors norme couchaient sur le papier un portrait craché de son interlocuteur. » 4.
Ce sont les personnages de son pensionnats, du service militaire, puis de ses campagnes que l’on retrouve dans ses dessins. Comme tout artiste, il s’inspire de l’existant et le transforme en son intérieur pour le coucher finalement sur papier.
Après Hara-Kiri, il suit l’histoire de Charlie Hebdo décrite ici.
Il aurait confessé son seul regret:
« Ne pas avoir toujours été assez virulent vis-à-vis du pouvoir. »
Cabu-GrandBornandDessin sur un mur réalisé au Grand-Bornand – Janvier 2015

Sources

  1. Portrait et hommage à Cabu ; dessinateur à Charlie hebdo
    Cabu : Enragé volontaire

    Portrait intéressant, publié dans Le Monde en avril 2005 par Robert Belleret.
    Grandsreporters.com

  2. L’image du jour

    8 Janvier 2015, Paris Match.com


  3. Cabu, un dessinateur de presse à hauteur d’art
    Jean-Emmanuel Ducoin – Jeudi, 8 Janvier, 2015 – L’Humanité


  4. 2008 La caricature et la presse satirique – CABU à Champlein – Rencontre avec le BTS Communication
    Citations d’une interview de Cabu à cette occasion, Par Tina Seriau

 

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3 thoughts on “CABU – Son histoire

  1. Pascale kaplan

    Moi aussi je gravais sur les tables au lycée, je croquais des visages de mannequins et aussi des silhouettes de mode. Et puis j’ai sublimé çà en maquillage sur les visages un peu plus tard. Jusqu’à aller voir par la suite ce qui se cachait derrière les visages, dans l’âme énigmatique des gens…
    Nous déroulons un fil qui n’appartient qu’à nous mais qui a un sens !

  2. Anonyme

    revoyez votre intro!!! le Ptit Fum’s signifiait le petit FUMISTE!!!
    « fumier »!!!! j’en ai honte
    pour vous

    1. David Tribal

      Merci, la correction a été apportée.
      Je vous avouerai que j’ai mal fait attention à cette traduction, désolé, je ne sais pas comment je l’ai laissé passer ainsi..

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