Les effets du stress sur la santé – a la Tête au Carré aujourd’hui

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LaTeteAuCarre-20150204Invités

« Le stress c’est la vie, c’est uniquement la durée trop important ou l’importance du phénomène qui puisse être couteux. »

Dominique Tillant

Ce post est constitué de citations des 4 parties prenantes de l’émission

Le stress n’est pas une maladie chronique…
…mais on consulte pour cela
Sera seul reconnu comme maladie le cas particuliers de l’état de stress post-traumatique, qui correspond à l’ensemble des troubles apparus après que la vie ait été en jeu.

Le « stress » est d’une grande complexité allant du psychisme au moléculaire au sein de l’individu.
L’équilibre d’une personne se fait donc globalement dans l’interaction sujet/environnement mêlant social/émotionnel/psychique avec somatique/biologique/cérébral.

Capture d’écran 2015-02-04 à 15.50.11L’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail en donne la définition suivante (issu des influences de la psychologie et de l’analyse transactionnelle)

Il y a condition de stress lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’un individu a des contraintes imposées par son environnement et la perception qu’il a de ses propres ressources pour y faire face.

« Stress » est un mot sous lequel on a tendance à regrouper de multiples symptômes lorsque les choses ne vont pas bien. Il recouvre donc un ensemble de maux, maladies et d’émotions que l’on a du mal à comprendre ou attribuer.

Cognito-Physiologiquement, le stress est en fait composé:

  • d’un agent stressant
  • et d’une réaction de l’organisme face à ce dernier.

C’est en fait un formidable mécanisme d’adaptation du corps à son environnement.
Il y a d’ailleurs une grande différence à faire entre:

  • Le stress aigu qui peut sauver la vie face à une situation potentiellement menaçante et qui peut produire une décharge d’adrénaline.ex: à traverser la rue, face au risque de se faire écraser, petite décharge d’adrénaline, et hop on saute et on est sauvé
  • Le stress chronique qui rend malade. Il découle de sentiments désagréables répétés au sein d’un environnement habituel pour l’individu. Il est signal d’une difficulté d’attribution et de prise en considération de ces sentiment et génère alors une sécrétion d’hormones.ex: conditions de travail difficiles et pleines de paradoxes menant l’organisme à sécréter des hormones nocives à l’organisme.

Occidentalisation et stress ambiant
(39:50)

Une question est posée par un auditeur sur l’influence de notre fonctionnement de société occidentale consommant et jetant à outrance.

Dominique Tillant se retient d’affirmer mais cite cependant le fait que

« …de façon peut être inconsciente, actuellement beaucoup de gens se retournent vers une philosophie venu de continents éloignés, plus tournés vers la spiritualité. »

Il continue avec une remarque personnelle sur ce qu’il nomme l' »Explosion des connexions. Au temps jadis, les personnes étaient plus occupées aux champs, à la lessive ainsi qu’à d’autres tâches manuelles. Celles-ci les gardait d’aller au « GYM » (comme diraient les québécois pour parler de la salle de sport ;), mais leur laissait également plus de temps de réflexion sur eux-même et la vie. Maintenant, nous sommes proies à de nombreuses distractions (voir le poste sur Le Bruit).

Laurent Cheneweiss poursuit avec la notion d’interruption de plan.
Cette notion traite de l’influence des distractions sur notre construction psychique. Des recherches s’intéressant aux coupures générées par nos échanges d’informations simultanés à une autre tâche, montrent que ces dernières altèrent notre efficacité dans la mémorisation d’informations et de schémas, selon les capacités cognitives de l’individu.
Au plus nous auront de technologies et de systèmes d’information différents, au plus nous seront soumis à ce phénomène d’interruption de plan.

Alors qu’avant on choisissait d’aller trouver une information, maintenant elle nous arrivent d’elle même par milliers et par différents canaux. C’est devenu une habitude. (prochain post « Méfiez-vous du « push »)
L’être humain n’a jamais du faire des efforts d’adaptation aussi important que maintenant. Il pourrait être intéressant de développer des « sas de décompression ».

Dans l’organisme, une situation de stress déclenche la production de 2 hormones:

  • Adrenalinel’Adrénaline, ou « hormone guerrière », met tout notre système en alerte et lui confère des capacités extra-ordinaires,

 

  • Cortisolle Cortisol, permet à l’organisme d’alimenter les muscles en transformant les graisses stockées en sucre.

Au plus d’informations diverses à gérer en un temps court, au plus d’interruption de plan, au plus d’adaptation à l’extérieur nécessaire, au plus de production de Cortisol et d’adrénaline.

Susciter ces hormones à trop grande fréquences peut occasionner un dérèglement physiologique et cognitif allant d’une prise de poids, au développement d’un diabète de type 2, une dépression, ou des difficultés de mémorisation (cf source ici).
Leur réserve peut également s’épuiser, résultant alors dans des défauts face à un stress « réel » (mettant la vie en jeu).

Emotions humaines

Nos émotions sont des signaux visant à sauvegarder l’équilibre de notre organisme. Il faut donc leur apporter une certaine attention et apprendre à les attribuer. Si l’on ne fait rien, c’est là que le stress délétère, chronique, s’installe.

Elles sont toujours à prendre en considération dans une triane (14:55)
Emotion / Réaction physiologique (comportement) / Cognition (façon de penser)

ex: A émotion de peur, comportement de peur et réaction en fonction de cette peur

La pleine conscience

Il existe aujourd’hui une pratique que l’on appelle la pleine conscience1 (ou Mindfullness1).
C’est le fait d’accepter les émotions (non pas les cautionner) et les contempler afin de pouvoir vivre de l’intérieur et non les refouler. On pourra ainsi mieux les attribuer aux raisons qui les ont généré.
Cela s’apparenterait à prendre un enfant par la main pour l’accompagner sur un chemin.

Rebondir

On ne peut effectivement pas imaginer une vie sans émotions négatives. Ce sont celles qui nous maintiennent en vie.
Les accepter et les vivre mieux est préférable, surfer sur la vague plutôt que de rester face à elle.

Combattre le stress ?

Il n’y a pas de solution miracle pour combattre le stress. C’est d’abord un « état d’esprit à acquérir »:

  • Faire bouger son corps,
  • Se faire plaisir,
  • Adopter d’autres modes de pensée,
  • Echanger avec les autres. Chercher du soutient auprès des autres, ne pas rester isolé.
    Notamment ocytocine, molécule de l’attachement générée lors d’un contact ou d’un moment bienveillant, a un effet anti-stress hormonal.

Faites des câlins et relationnez-vous quoi ;)

Exemples pour combattre le stress

  • Remuer son corps en faisant du sport, du ménage, du jardinage, la vaisselle…
  • Se préparer une bonne boof bien présentée avec de bon aliments
  • Voyager à travers des livres ou des chansons ou des films
  • Sourire à la boulangère après avoir dit bonjour.
  • Etablir un contact visuel réel avec ses interlocuteur de la vie quotidienne.
  • Aider. Partager.
  • Prendre le temps.

Non seulement le contact à l’autre génère de l’ocytocine, mais en plus il écarte un nouvel inconnu de votre méconnaissance. En connaissant mieux le monde et en passant du connu à l’inconnu, on perd ses peurs ;)

Mon expérience personnelle

J’ai été victime de 2 accidents « traumatisants ».

Le premier, un traumatisme crânien suite à une chute franche sur le visage (à environ 14ans). Outre les cicatrices (disparues aujourd’hui certainement grâce à mon jeune âge et l’attention à ma peau), j’ai eu suite à l’accident une sensation de perte de mémoire et des difficultés de concentration.

Le second, la coupure d’une phalange (à 25 ans). A mon grand étonnement je n’ai pas saigné!  Il parait que c’est preuve d’une bonne santé puisque mon corps aurait tendance à bloquer l’afflux sanguins par lui-même. Cool.
Plein d’adrénaline, ça c’est sur ! J’ai passé une super soirée, franchement, puis la semaine qui a suivi était pleine d’optimisme. Ce n’est qu’à la seconde semaine que le moral a commencé à chuter…pendant un bon mois.

Sinon, les stress, je crois que je n’ai connu ça qu’en période d’école d’ingé et de commerce…Maintenant, j’avais même oublié ce que c’était…

Quant au fait de prendre le temps pour rencontrer des inconnus, c’est incroyable. Je pourrais ne vivre que de ça !

Ha, oui, rebondir ! Ca c’est une notion forte en entrepreneuriat comme en improvisation théâtrale. Ne pas céder face à l’échec et à la peur, et en profiter pour faire preuve de créativité !!!

En savoir plus sur les invités

  • Dominique Tillant – Médecin et psychothérapeute, spécialisé dans la Thérapie des Comportements et des Emotions
  • Laurent Chneiweiss – Psychiatre, spécialiste des troubles de l’anxiété et des thérapies cognitives et comportementales

  • Ivane Wiart – Docteur en psychologie et chercheur au Laboratoire de psychologie clinique de l’Université Paris – Descartes. Elle est également thérapeute spécialiste du couple, des relations parents-enfants et des effets du stress sur la santé.

 

  1. Le « Mindfullness« , « Pleine conscience » ou encore « attention juste », consiste à porter attention à ses émotions et ressentis sans jugement, mais plutôt dans un état que l’on dira de contemplation, au présent. C’est un point important du Bouddhisme.

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