Quitter sa carrière pour vivre sa vie ? – Brigitte Soulier – Château La Robertie

Brigitte Soulier

1 personne de + qui a fait de grandes études et a décidé de « vivre sa vie« .

Pourquoi ?
Par quelles étapes est-elle passée ?

Où en est-elle ?

Ecole de Commerce à HEC, Haut potentiel dans ses postes en entreprise, elle quitte tout pour reprendre un domaine vinicole dan le Bergerac avec son mari et ses enfants.

Brigitte Soulier
Les vignes du Château La Robertie (Source Facebook – Chateau La Robertie)

 

Brigitte Soulier était à l’événement Tribe – to be inspired le 31 Août 2011

Résumé

Elle a été frustrée par l’idée de « réussite dictée par ses parents », a passé du temps à la campagne avec ses cousins, a besoin de sens en toute chose, a fait de grandes études pour être tranquille et faire ce qu’elle voulait après, n’est pas attirée par une vie menée par l’argent, a toujours été déçu par les valeurs de ses employeurs, elle pensait commencer par l’éducation, les enfants, parfois redirigée par son mari, ils ont décidé de faire du vin…12 ans après « ça valait le coup ! »

« Tu fera ce que tu voudra après » – Retour à l’enfance

Marquée par le modèle de la réussite habituel: Père autoritaire et borné. Pression sociale, faire des études…
Elle avait des facilités et décidé de suivre ce que son frère lui disait:

« Fais comme moi, une école de commerce, tu fera ce que tu voudra après »

« Rentrée dans le moule » pourtant elle avait « Besoin de sens dans toute chose »

Elle est malgré tout « rentrée dans le moule » et a travaillé dans plusieurs groupes, où nulle part elle n’a trouvé satisfaction. Peut-être aussi avait elle trop « envie de bouger »: Unilever, Hachette, Bayer Presse…

Indépendante

Elle a du en découdre souvent avec ses patrons, notamment du fait de son indépendance et aversion au modèle de la business woman.

« A un moment donné quand vous voulez changer de vie il faut accepter »(qu’il y a un temps pour tout).

Partie avec l’idée « Je vais enfin trouver un sens à ma vie »

Qu’est ce qui fait qu’on ose un jour vivre sa vie ?

« Quant on est en état de survie, on est capable de vivre des risque énormes, puisqu’on se dit que sinon qu’on va mourir. »
« C’est un peu résumé mais… »
« Aujourd’hui selon un certains nombre de critères (argent notamment) je suis plutôt en état de survie […], mais finalement moi je me sens vraiment vivante. Ce qui compte d’abord, c’est comment je me sens moi, à l’intérieur. »

Dire non à l’habituel et avoir des projets

Marre de la vie parisienne, en opposition à son enfance passée à la campagne à faire les 400 coups avec ses cousins, elle avait envie d’un autre projet.
Elle en a discuté avec son mari qui n’était pas contre le fait de changer d’horizon.

Une idée dans l’éducation alternative, mais son mari ne voulait pas.

« Il faut commencer avec les enfants. Si on nous avait enseigner des chose aussi importantes que le corps est aussi important que l’esprit… »

« On voulait peut être commencer par une librairie, mais pour avoir une librairie dont on vit aujourd’hui, il faut racheter un grosse librairie. Il faut bien passer par une phase où on étudie un peu le truc… »

Au final, ce que m’a dit mon mari c’est

« Mais toi en fait, ce que tu veux c’est vivre à la campagne, pourquoi on ne devient pas agriculteur ? »

De proche en proche, ils ont décidé de faire du vin.

Création – Soyons fou

A un moment donné, si on veut vivre sa vie, « On parait être fou vis à vis de son entourage ».

« Ça valait le coup »

12 ans après, je fait partie des domaines les plus réputés dans l’appellation.
Reconnue comme un vigneron
Agriculture bio, Bio-dynamie
— > « Cela vous donne des moments… »Parfois, pour une minute d’émotion, vous vous dites « ça valait le coup » !

Une conscience des choses plus profonde

« Dans mes pieds de vigne, même si je les ai planté en même temps, moi je sens qu’ils sont différents »

–> Vous vivez différemment.

Moment de doute…Est-ce que ça a encore un sens ?

« La passion à un moment devient tellement exclusive que vous n’êtes plus capable d’être disponible à ce qu’il se passe autour »

Ce qui me conforte, ce sont mes enfants
Mes 4 enfants, chacun très différents, je les ressent chacun heureux de vivre, bien dans leur identité et dans leurs baskets, ils m’admirent et sont cool.

Finalement

Dans 1 an je finis de rembourser mes emprunts, et je suis déjà en train de penser à l’après…

On n’a pas la même énergie à 35 ans qu’à 46… aujourd’hui je ne me sens pas le courage de repartir seule sur un projet. Alors ce sera forcément avec quelqu’un et ça implique un réseau.

 

De mon point de vue

Brigitte, comme beaucoup maintenant, a été forcée de s’écouter pour sa « propre sauvegarde ».
Elle a prit des décisions inverses au raisonnable, inverses au confort, inverses à ce que son entourage pouvait en penser.

Aujourd’hui, même si elle est moins confortable du point de vue budgétaire, elle est nourrie par ses moment de bonheur, solitaire ou non, dans ce qu’elle a réussi à travers cette propriété pour elle et ses enfants.

Ce qui m’intéresse, c’est le schéma que l’on retrouve souvent:

  • Elle est aujourd’hui en cohérence avec ce qu’elle était petite
  • Elle a fait des études pour répondre aux peurs de ses parents mais ressentait déjà qu’elle n’était pas à sa place
  • Le ras-le-bol de son quotidien l’a amené à prendre une décision « déraisonnable » et affronter le regard des autres et l' »étiquette du fou »
  • En accord avec ses proches (mari, enfants), elle a pu changer de voie et pousser d’autres envies, même si elle restait un peu aveugle a ses velléités profondes.
  • De proches en proches, ils ont trouvé un projet commun
  • Ses études ont pu lui servir, mais dans la réalité des faits c’est aussi plus complexe
  • Ils sont passés par des moments de doutes et ont résisté
  • Ils passent aujourd’hui plus de temps pour gagner moins et ont moins de temps à eux
  • Parfois aveuglée par sa passion, son garde-fou, pour savoir si elle est sur le bon chemin, c’est le bonheur et l’accomplissement de ses enfants
  • Aujourd’hui, elle est plus intègre et nourrie par de petits instants de bonheur
  • Elle continue, épaulée d’un peu plus loin par son mari et pense déjà à l’avenir de son domaine
  • D’après Bruno Vinay, le Château La Robertie fait un excellent Monbazillac… :D

Château La Robertie
24240 Rouffignac de Sigoulès

Tribe (to be inspired) est un événement d’échange entre intervenants et public sur des parcours divergents, inspirants, réussissants. « Ceux qui osent » s’y retrouvent pour assister, apprendre et se développer.

Un projet osé par Bruno Vinay et accompagné par Nicolas Gougé et Charlotte Measures.

Première édition le 31 Août 2011

Chaîne Youtube – tribe to be inspired

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