Attention à l’attention – Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences sur France Inter

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« L’attention est un processus de sélection. Sélectionner ce qui autour de nous est le plus important. »

« Faire attention s’est s’engager entièrement, accorder ce que l’on a de plus précieux ces ressources cognitives, cette énergie mentale… »

« Donner à l’attention le statut d’une valeur dans notre société. »

 « Les neurosciences pourraient peut être aider à montrer la voie, dans un langage adapté à notre siècle. »

Jean-Philippe Lachaux, chercheur en neurosciences était l’invité de Fabienne Chauvière Dimanche 1er Novembre à 15h dans l’émission « Les Savanturiers« .

« Lorsqu’on dit « Je », le « Je » c’est en fait une collection  de systèmes qui sont en corrélation les uns avec les autres, et qui ne sont pas toujours d’accord. […] La prise de décision n’est pas si simple, il n’y a pas cette unité à laquelle on pourrait penser de façon intuitive. »

 

« Finalement rester concentré c’est aussi un problème de mémoire. […] Elle est maintenu grâce à des neurones principalement situés dans le cortex pré-frontal. Ils vont rester actif en continu pour maintenir l’information. Mais c’est très dur pour ces neurones de rester actif.[…]

La capacité de ces neurones à rester actifs va dépendre de la concentration de certains neurotransmetteurs, notamment la dopamine, disponible dans le cerveau de l’individu. »

 

Peut-on éduquer l’attention ?

« Rester concentré s’apprend.[…] avec des petits truc, mais ce ne sont pas ces petits trucs qui vont vous apprendre à jouer du violon, on se doute bien qu’il y a un processus d’apprentissage. »

Est-ce que être trop concentré peut être un problème ?

« Si l’on considère la concentration comme une fermeture au monde, on peut se demander, par exemple si l’on considère que la créativité s’est être ouvert à se qu’il peut se passer, si la concentration nuit à la créativité.Ce n’est pas le cas. »

 

« Il est difficile d’être créatif quand on a une concentration qui part sans arrêt dans toutes les directions. »

« Pour être attentif il faut non seulement activer certaines zones du cerveau mais il y a également un réseau de région du cerveau dont l’activité tend à interférer avec l’attention vers l’extérieur.[…] Lorsqu’un écoute quelqu’un il faut enchainer certains processus cognitifs de reconnaissance, interprétation du sens, mémorisation, replacer cela dans le contexte d’une phrase…ce qui se fait moins bien lorsque certaines zones ne permettent pas d’attribuer de l’énergie à ces tâches. »

Le circuit de la récompense

« C’est un ensemble de neurones qui évaluent à chaque moment l’intérêt de ce qu’il se passe, en fonction de ce qui nous a fait plaisir dans le passé. […]

Le circuit de récompense va nous inciter à porter attention à des petites images publicitaires. »

La boite à outils cognitive
…pour rester mieux concentrer

  1. Remarquer les distractions internes et externes et savoir y réagir
    On va d’autant plus se restabiliser rapidement que l’on remarque tôt que l’on est en train de partir, comme en équilibre sur une poutre
  2. On chasse plusieurs lièvre à la fois et le cerveau considérera tout comme important. L’attention va s’éclater. On va se fixer des mini mitions, courtes claires, concrètes.
  3. Découvrir par soi-même ce que signifie être concentré sur l’activité en cours.

C’est une gymnastique.

D’autres trucs

  • Avoir des intentions claires, observer son attention pour apprendre à la connaitre.
  • L’Hypnose peut stabiliser l’attention en la vissant à un objectif.
  • La méditation, qui se popularise de plus en plus, c’est un apprentissage de cette capacité à stabiliser son attention.
  • Des médicaments jouant sur la disponibilité de la quantité de dopamine, à prendre en dernier recours.
  • Faire des listes évite de garder ne mémoire tout ce que l’on a encore à faire après. On pourra jouer sur le degré de précision de la liste. Décomposer en petits éléments simples, pour le cerveau. S’organiser.

Avoir une faculté à se concentrer sur un objet unique serait reposant -> littérature anglo-saxone sur le Flow…lorsque l’on est complètement dedans et que tout se passe comme dans un rêve.

Les nouvelles technologies sur-sollicitent notre attention. L’attention est un processus de sélection. Sélectionner ce qui autour de nous est le plus important.

Les écrans tapent directement dans le circuit de récompense.

Un cerveau d’enfant va certainement s’adapter à ces environnements très dynamiques. Il va par contre est dans une situation inconfortable face à un environnement très statique. Un cours de professeur sur un ton monotone par exemple. Il lui faudra apprendre à faire face aux deux types d’environnement.

Qu’est ce qui motive vos recherches au fond ?

 

 

S’ancrer au quotidien
Utiliser les neurosciences pour faire passer des messages importants. Donner à l’attention le statut d’une valeur dans notre société. Développer cette idée qu’il peut y avoir une récompense intrinsèque à effectuer une activité avec attention. Changer le rapport des gens à leur activité quotidienne, afin qu’ils s’ancrent complètement au quotidien avec cette qualité d’attention pour en tirer une expérience de satisfaction très agréable.

(un petit air de bouddhisme… ;)


Les neurosciences pourraient peut être aider à montrer la voie, dans un langage adapté à notre siècle.


 

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Le cerveau funambule de Jean-Philippe Lachaux
Comprendre et apprivoiser son attention grâce aux neurosciences
– Editions Odile Jacob

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