Enfin… j’arrête de ne plus courir.

IMG_0212_nicolas-kaplan-w_NK_2000

Enfin je n’ai plus de temps pour laisser tourner mes pensées,
Enfin je ne reste plus au lit longtemps le matin,
Enfin je ne peux plus faire ce que je veux de ma journée,
Enfin je dois faire des choses, parce que c’est important,
Enfin je génère de l’activité dans ma société,
Enfin je trouve une place dans notre société.
Enfin… j’arrête de ne plus courir.

 

A ma manière bien entendu. C’est à dire avec les compromis que j’accepte de faire sur ma liberté, pour en retirer quelque chose d’autre qui me nourrit.
Car l’Homme est un animal social (je ne sais pas si quelqu’un l’a dit comme ça…), et la société, c’est en fait une société de personnes, et les sociétés de personnes, et bien c’est difficile de n’appartenir à aucune.

Parce que l’Homme, toujours lui, non pas à l’opposé de la femme, mais l’Être Humain, et bien a besoin d’Amour. Et cet Amour, la première étincelle que l’on peut en trouver, c’est chez l’Autre. Le grand Autre, celui qui n’est pas moi. Celui qui m’est bienveillant, mon parent, ou celui qui apprend à me connaitre, ou encore celui qui me découvre, me regarde, me reconnait, voire pourquoi pas un animal…au pire une plante verte.

Me faire reconnaitre comme être, c’est déjà pas si mal pour me permettre d’exister. Si en plus il y a de la bienveillance, et si en plus il y a de la générosité, et si en plus il y a du temps, et si en plus il y a des sentiments…alors là je suis comblé.

Alors pour obtenir du temps des autres, de la reconnaissance, une place parmi eux, un peu d’Amour finalement, et bien il faut que je montre que j’ai quelque chose à leur apporter. Tout ça n’est pas calculé, attention, c’est naturel, c’est inconscient, c’est implicite, c’est bien au-delà du calcul, mais quand même.

Il me faut du coup transmettre, communiquer, être présent, créer le lien. Car sans lien à l’Autre, et bien c’est comme si il n’existait pas, comme si je n’existait pas à ses yeux, comme si…il n’y avait pas d’Amour.

Et pour créer le lien, il faut être. Nan, il ne faut jamais. Enfin si, « il faut » si l’on veut parvenir à quelque chose, coûte que coûte.
Alors pour l’Amour, le peu d’Amour tout du moins, certains sont près à tout, coûte que coûte, pour être reconnu des autres. Dans ce cas, peut-être qu’il faut bien. Peut-être que c’est là que se mélangent la volonté et l’envie, aux frontières de la reconnaissance et de l’Amour des Autres, de l’Autre.

Alors qu’est-ce qu’il faut être ?

On peut essayer d’être ce que veut l’autre…enfin ce que l’on pense qu’il veut! A-t-il exprimé un besoin ? Oui ? Exprimé, explicite ou implicite ?
On peut aussi essayer d’être soi, profondément, soi. Alors là, il ne faut pas avoir peur, ou alors avoir suffisamment besoin d’être soi pour braver les complications.
Ou alors peut-être que l’on peut être un peu des deux ? Alterner, mélanger, s’adapter, faire un peu de demi-mesure…

Car le premier choix aussi comporte ses risques. Ceux de ne pas convenir, et puis surtout de ne pas s’épanouir, ou encore de se retourner à 40ans et de se demander « Bon Dieu, ou ma vie est passée ?

En tout cas il semblerait que ce qu’il faut être, c’est en lien avec les autres. Et une manière de le faire sans jugement, sans a priori, sans fermeture d’esprit, sans subjectivité, c’est soi-même d’être bienveillant. Oh attention, encore faut-il sentir… Sentir ce qu’il se passe en nous, se respecter soi-même

Alors pour m’ouvrir à l’Autre il faudrait déjà que je m’ouvre à moi. Bon, et comment on fait ça ? Bah, ce sera un autre post ;) demandez-moi.
Toujours est-il qu’on aperçoit qu’il réside un dilemme entre faire pour les autres pour faire pour soi, ou bien, faire pour soi pour faire pour les autres. C’est encore un savant mélange qui se rediscute à chaque instant.

Pour en revenir à cette petite course personnelle, j’ai la sensation qu’elle tient à ma personnalité, dans cette société. Car elle serait peut-être autre dans une autre société, un autre équilibre à trouver. Ici, pour le moment, tel que je suis, j’accepte de courir, pour concourir à la même course que tout le monde, au moins qu’on puisse en discuter après, à l’apéro qui suit la remise des prix. Au moins on aura fait quelque chose ensemble.

C’est ce que l’on construit ensemble qui crée les plus forts liens. Sinon j’aurai été spectateur et n’aurait rien à raconter d’autres que la course que j’ai vu passer, les têtes de chacun et les carambolages. Ce divertissement qui tient du spectacle et non de l’expérience, sauf si je me fais éclabousser ;D C’est marrant de se faire éclabousser…sauf si c’est de la boue ou de l’eau qui pénètre mon appareil photo !

Mais peut-on vraiment ne pas être dans la même course que tout le monde alors que l’on vit sous le même toit ? Peut-être que tout manière est valable, et que quoi qu’il en soit le lien se fera…par la curiosité de l’Autre à l’inconnu qui est là.

« Pourquoi un être similaire ne ferait pas comme moi ? »

Si j’arrête de ne pas courir, ce n’est non pas pour me divertir, mais pour partager et avoir des aventures à raconter.
A quoi tient la vie, d’autre que la vivre ?

IMG_7405_w_1200

 

Related posts

Pour commenter sans FB c'est ici ? (laissez votre contact si vous le souhaitez)