Saisir le futur qui est dans l’air

Collectif Ça Slack Houle Douce le Dim. 26 Fév. 2017 durant les Dimanches de la Canebière, Marseille ©nicolas kaplan

Ce soir à 18h j’étais invité au 70 Rue Consolat au siège du Festival Marsatac.

La porte d’entrée donne directement sur un escalier bordé de mur arborant tous les noms des artistes passés lors des 17 précédentes éditions. En haut des escalier, leur logo étincelle fièrement.

Logo Lampe Marsatac

Je suis là pour une réunion prospectiviste autour du futur du festival. Figurant dans leur base mail après l’édition 2016 durant laquelle j’étais accrédité photographe, j’ai reçu un mail sondage. Afin de leur rendre la pareil sur l’invitation qu’ils m’avaient faite, j’avais pris le temps d’y répondre.

Ce sondage portait sur mon expérience du festival, ce que j’en attendais, ce que j’en ai pensé. A mon avis il ressortait surtout de ma réponse que je me serai attendu à encore plus d’expérience au travers de l’atmosphère (déco, lumière) ou de l’interaction (rencontres, stands…).

Suite à cette réponse, j’ai donc été convié comme d’autres, à me présenter le Mardi 4 avril pour cette fameuse réunion.

Eric nous accueil. Il ne fait pas vraiment partie du festival mais a un passé de programmateur et travaille dans l’animation de séances d’intelligence collective. Ce soir nous sommes 8 à réfléchir sur le sujet.

Source koben.fr
Source koben.fr

Après une courte présentation de chacun il nous explique pourquoi nous sommes là et nous présente sa manière d’opérer:

Le Festival Marsatac à 19 ans cette année. Même si l’édition 2017 est déjà préparée, les organisateurs du festival souhaiteraient pousser une perspective d’évolution du Festival encore plus loin. Ils ont appelé cette étude Marsatac 2030.

Marsatac

En petit groupe, nous sommes donc invité à partager notre sensation du festival, nos attentes et nos rêves, pour aider à dessiner le festival de demain.

Pour cela Eric nous propose premièrement d’inventer des personnages qui devraient se positionner par rapport au festival, dans une possible envie d’y assister. Il les appelle les PERSONNA. Ces profils seront là pour aider à identifier des besoins possibles ou des possibilités d’innovation/amélioration du festival.

source businessdesigntools.com
source businessdesigntools.com

Cette démarche s’inscrit dans la création d’un Business Model Canvas (ou Matrice d’affaire dans une traduction française jamais utilisée). Ce dernier est un outil graphique visant à aider à se poser les bonnes questions lors de la création d’un projet entrepreneurial.

Une fois nos personnages présentés, Eric nous demande de travailler par groupe de 3 et de réaliser un type de brainstorming constructif. Encore une méthode de création de projet, le brainstorming consiste à réfléchir à une problème en disant/notant, tout ce qui nous passe par la tête. On a le droit de rêver et les autres ne doivent pas nous juger. J’ajoute « constructif » à celui-ci car nous réfléchissons à plusieurs et notons une idée un peu plus construite. Celle-ci, encore une fois, sera là pour alimenter les réflexions des équipes du festival.

Après un gros quart d’heure, et une bière, chaque groupe partage ses idées aux autres.

Au delà du contenu, ce qui m’intéresse, c’est le procédé et ce qu’il permet de faire ressortir.

Saisir le futur qui est dans l’air

Cette formulation m’est venue alors qu’Eric nous parlait de ses souhaits avec ces réunions. Cette formulation me semble juste et me ramène à une sensation eu lors de mon retour de voyage en 2013.

Revenu de 16 mois hors des frontières, j’avais baigné suffisamment longtemps autre part pour avoir oublié quelques mots de vocabulaire français et m’être pas mal dé-climaté. Notamment, je voyais beaucoup plus clair dans notre « inconscient collectif« .

Collectif Ça Slack Houle Douce le Dim. 26 Fév. 2017 durant les Dimanches de la Canebière, Marseille ©nicolas kaplan
Collectif Ça Slack Houle Douce le Dim. 26 Fév. 2017 durant les Dimanches de la Canebière, Marseille ©nicolas kaplan

Ce terme désigne en gros tous les fonctionnements que nous avons inconsciemment adopté petit à petit à force de vivre ensemble. Des habitudes qui ne demandent plus aucune réflexion consciente. Par exemple s’habiller.
Il s’applique donc à un groupe d’individu d’une taille variant de la terre entière à un groupe d’ami. Un pays dispose donc de son propre inconscient collectif.

Ainsi en revenant de voyage, je percevais les mots utilisés dans les discussions avec leur sens propre et leur profondeur. Je me rendais compte que sans que nous y prêtions réellement attention, de nombreuses prises de consciences sont présentes dans notre vocabulaire et nos tournures de phrases, sans que nous ne nous en rendions compte.

Difficile aujourd’hui de vous donner un exemple, puisque j’ai sombré à nouveau dans l’inconscient après 3 ans de ré-aclimatation sociale. Toujours est-il, que de mon point de vue, ce qui demain aura lieu est déjà plus ou moins présent dans nos discussions. On ne s’en rend juste pas compte.

J’ai notamment longtemps écrit pour cela. J’apprécie de me rendre compte à posteriori en me relisant, que ce qui est arrivé au futur transpirait déjà dans mon écriture. Cela permet d’apprendre sur soi et de lâcher prise…

Carnet du Voyageur par NK - Créations Imparfaites © nicolas kaplan
Carnet du Voyageur par NK – Créations Imparfaites © nicolas kaplan

Ainsi une idée simple serait de permettre au gens de s’exprimer librement sur un sujet, et d’en récolter les informations pour en extraire le suc.
Comme n’importe quel sondage me direz-vous ?!? Oui, à peu près en fait. Cependant on pratique aujourd’hui cela au travers d’outils utilisés dans les approches d’intelligence collective.

L’individu porte en lui la manière qu’il a d’interagir avec le reste du monde. Toutes ses interactions l’amènent à devoir prendre des décisions et surtout à beaucoup penser. Une partie de ces réflexions est consciente, et une autre partie est inconsciente. Elle se déroule en arrière plan et ne s’aperçoit que lors d’opération de méditation ou dans nos rêves. Parfois, si nous n’avons pas eu le loisir de verbaliser (mettre en mot) ces pensées, elles pourront alors s’exprimer autrement et, comme je l’entends souvent dernièrement, sortir par le corps. (article sur le besoin de s’exprimer à venir;)

J’entends par cette expression que ce qui est en nous s’exprimera coûte que coûte, soit par exemple en étant cramée et repoussé à plus tard en faisant du sport, soit au travers d’une réalisation artistique (pleine de sens plus ou moins conscient), soit encore et parmi d’autres, au travers d’une maladie/d’un trouble…

Ainsi, au travers de cet inconscient collectif et donc aussi individuel, et de ce besoin d’exprimer ce qui ne l’est pas, le facilitateur n’a plus qu’à permettre aux personnes qu’il a face à lui, de s’exprimer au travers de stratagèmes divers.

Facilitaion avec des LEGO® par Damien Roquel  lors du tribe day #2 du 16 Mars 2017 à Paris ©nicolas kaplan
Facilitation avec des LEGO® par Damien Roquel lors du tribe day #2 du 16 Mars 2017 à Paris ©nicolas kaplan

Il pourra poser des questions, proposer des jeux, permettre à l’individu face à lui de projeter une partie de lui au travers d’une personnification fantasmée, métaphoriser ses ressentis d’une manière ou d’une autre, j’en passe et des meilleures.

Alors devrait transparaitre une tendance globale, une ligne directrice, une transversale particulière.

D’ailleurs notre ami Eric nous le disait à la fin:

« C’est intéressant parce que même si chacun n’a pas forcément l’impression de pouvoir apporter grand chose, on se rend compte que certaines choses reviennent et sont bien présentes. »

…en gros.

Ensuite, à chacun de se positionner par rapport à ce qu’il a dans les mains. Son propre filtre va s’emparer de ce qu’il a envie de voir en toute subjectivité.

©
©nicolas kaplan

En conclusion, si l’on a été plus ou moins convaincu qu’il n’y a qu’à saisir le futur qui est dans l’air,et si en plus on a comprit cette dernière allusion à la subjectivité personnelle et à nos propres filtres, j’aurai envie de dire, faites vous confiance.

Croyez en ce que vous avez la sensation de discerner dans l’air, dans les gens, pour le futur. C’est ça qu’on appelle la vision. « Ce mec il avait une vision » dira-t-on d’un chef d’entreprise respecté. Croyez en votre intuition, coûte que coûte…

 

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